Pourquoi chatGPT n’est pas un danger pour Google (et l’industrie du SEO) et pourquoi vous ne devriez pas l’utiliser pour vos contenus.

Mise en contexte rapide

 

Rappels sur les termes principaux

  • SEO : référencement naturel, les résultats organiques de sites web de sources variées. Là où Google a assis sa position de maître. 
  • SEA : référencement payant, les résultats temporaires payés par des sites web pour être en tête de certaines requêtes. Là où Google tire sa source principale de revenus. 
  • IA : intelligence artificielle. Là où chatGPT (ou du moins l’entreprise OpenAI qui est derrière) est en train de se faire une place.

 

Rappels sur ChatGPT

ChatGPT est la dernière pépite d’intelligence artificielle développée par OpenAI (fondée en 2015 par Elon Musk, Sam Altman et Peter Thiel notamment). Si Elon Musk a maintenant pris ses distances avec l’entreprise, il reconnaît dans des tweets récents la puissance de ce dernier outil sorti fin novembre 2022 (sous la technologie GPT 3.5).

Pour comprendre le rôle de ChatGPT, rien de tel que les mots de l’entreprise OpenAI elle-même : “Nous avons formé un modèle appelé ChatGPT qui interagit de manière conversationnelle. Le format de dialogue permet à ChatGPT de répondre à des questions de suivi, d’admettre ses erreurs, de contester des prémisses incorrectes et de rejeter des demandes inappropriées. ChatGPT est un modèle frère de InstructGPT, qui est entraîné à suivre une instruction dans un prompt et à fournir une réponse détaillée.”

Plus simplement : ChatGPT répond à l’écrit à des questions écrites, sur des sujets aussi vastes que les mathématiques, le code, l’histoire ou encore la création artistique.

Qu’est-ce qui différencie chatGPT des autres IA textuelles sorties jusqu’ici ? Sa puissance et sa précision (même si, on va le voir, les erreurs sont encore récurrentes). Le succès a été tel que le million d’utilisateurs a été atteint en 5 jours (contre 2,5 mois pour Instagram ou 3,5 ans pour Netflix à titre d’exemples)

Source : sales-hacking.com

 

Tests et position sur ChatGPT

J’ai passé plusieurs heures à tester diverses questions, sur divers sujets, divers angles, et diverses structures. J’ai croisé mes résultats à quelques dizaines d’articles plus ou moins longs, de ceux qui  défendent chatGPT sans la moindre embûche à ceux qui le détruisent littéralement.

De mon expérience perso et de celles que j’ai pu tirer de tous ces contenus, je me suis forgé un avis assez tranché sur la question, qui me semble pragmatique, et que je ne pouvais pas me retenir de partager dans ce contenu assez long (prenez un café et installez-vous bien, vous en avez pour une bonne quinzaine de minutes). 

 

Ma théorie de base sur chatGPT

En croisant toutes les informations liées à l’outil, j’arrive à un constat simple : l’utilisation de chatGPT est binaire. Qu’est-ce que j’entends par-là ? Qu’il y a d’un côté les questions que j’appelle “scientifique”, de l’autre les questions que j’appelle “multiple”. 

Exemples de questions scientifiques : 

  • Donne moi la liste des entreprises du CAC40 
  • Donne moi l’année de naissance d’Omar Sy
  • Résous moi le bug de cette suite de code “…” 
  • Calcule moi 2+2 
  • Quelle est la couleur du cheval blanc d’Henri IV ?

 

Exemples de questions multiples : 

  • Qui de l’Israël ou de la Palestine a raison ? 
  • Est-ce que chatGPT va prendre la place de Google ? 
  • Dois-je investir en loi Pinel ou en loi Malraux ?
  • Peux-tu me donner les meilleures adresses pour boire un pastis à Marseille ?
  • Dois-je me marier ou me pacser ? 
  • Quelles vont être les meilleures Fintech en 2023 ? 

 

Est-ce que vous commencez à entrevoir l’idée ? Pour moi, l’élément central qui sépare ces 2 types de questions est la possibilité ou non de faire confiance à chatGPT, de par la nature “exacte” ou “non exacte” de la réponse. 

Dans le cas des questions scientifiques, on peut (à priori) y aller les yeux fermés. Dans le cas des questions multiples, attendez-vous à une réponse biaisée, médiocre, fausse, voire dangereuse de par l’unicité de sa réponse (et puisqu’une seule vérité n’existe pas dans le cas de questions que j’appelle multiple). 

Voici donc ma prise de parti d’entrée de jeu : 

  • ChatGPT est une calculette augmentée 
  • Google est un groupe d’humains qui intègre une infinité d’avis et d’expériences vécues. 

 

Seulement, je ne peux pas vous laisser avec ça. Les prochains paragraphes vont appuyer point par point ce constat et vous amèneront (sûrement) à rejoindre mon avis si ce n’est pas déjà le cas. Sinon, j’en échangerai avec plaisir avec vous sur LinkedIn

À la fin du contenu, je partagerai également ma vision des moteurs de recherche / moteurs de réponse dans le futur selon 3 scénarios.

 

Les cas d’utilisation où chatGPT excelle

ChatGPT et les questions scientifiques (à réponses exactes).

De façon générale, comme énoncé plus haut, chatGPT semble faire peu d’erreurs sur tout ce qui attrait à l’exacte. 

Une question à réponse unique d’ordre générale = une réponse (presque) toujours bonne. 

Par nature, la réponse est presque toujours bonne car peu importe à qui vous posez la question, la réponse véridique est toujours la même. 

 

ChatGPT et la synthèse de sujet

Vous avez un pavé de texte dont vous aimeriez avoir le message global rapidement ? Demandez à chatGPT de vous faire un résumé de 5 lignes et hop, vous avez le message. 

Vous êtes bloqué sur un sujet et vous aimeriez le comprendre dans les grandes lignes ? Idem, chatGPT fait très bien son boulot d’aide à la compréhension de sujet par la synthèse.

 

ChatGPT pour générer des idées de contenus

Vous êtes un créateur de contenus et vous êtes à la recherche de nouveaux angles de sujets ? ChatGPT peut vite devenir un excellent ami pour dénicher de nouvelles pistes.

Attention toutefois si vous êtes dans le secteur SEO, je déconseille de l’utiliser dans ce cadre, à moins de réadapter les sujets. Les outils actuels de SEO sont infiniment plus précis et puissants pour le même temps consacré.

 

ChatGPT pour les mails

Je dois dire que sur ce cas de figure, chatGPT m’a surpris. La rédaction d’email est assez exacte, avec une structure et une formulation professionnelles ou en tout cas, qui prend bien le contexte dans lequel on souhaite envoyer le mail. 

Vous devez rédiger un mail à toutes vos équipes en simultané sur un sujet assez généraliste ? ChatGPT devrait bien vous aider.

 

ChatGPT comme outil de productivité

Nombre d’articles qu’on peut trouver sur chatGPT partent du principe que c’est une menace technologique qui va entièrement remplacer l’humain … (à moins que ce ne soit juste une tendance SEO et/ou destiné simplement à vous faire cliquer 😉 )

Au lieu de cela, je pense qu’il faut considérer chatGPT comme une opportunité de productivité et comme un outil de travail supplémentaire pour les professionnels. Sur les tâches de création et d’exécution, il peut se placer comme un assistant qui nous permet de créer encore plus et encore mieux. 

 

Là où chatGPT est (très) limité

Chat GPT et les questions multiples

Imaginez que vous êtes à table avec des amis. Vous vous posez une question qui n’est pas d’ordre scientifique (donc qui n’a pas de réponse purement exacte / unique), allez-vous préférez demander l’avis / la réponse à vos amis (et faire évoluer le sujet selon les échanges) ou bien trancher la question simplement avec chatGPT ? 

À moins d’être de mauvaise foi, je pense que la 1ère option prévaut, surtout en France où tout le monde aime donner son avis. 

ChatGPT n’est que la moyenne des avis de sa base de données. Quand l’avis est unique, la réponse est bonne. Quand l’avis est multiple ou complexe, la réponse est empiriquement médiocre/biaisée, et ce peu importe la qualité de la base de données sur laquelle elle repose.

 

La “pensée” de chatGPT

Si vous demandez à l’outil ce qu’il pense de X sujet, il va le plus souvent commencer la réponse par “Je pense que…”

Cela me pose aussi un problème du point de vue de la pensée humaine qui est multiple et qui évolue selon les expériences et avis face auxquels elle se trouve. Dans le cas de chatGPT, cette pensée est à prendre avec des pincettes puisqu’elle n’est pas réellement pensée mais plutôt puiser sur la pensée majoritaire de la base de données sur laquelle elle se base, et qui a été façonnée par des humains. 

Donner de façon générale l’avis qui prédomine sur chaque sujet et le prendre comme vérité parce que c’est une IA peut devenir dangereux pour l’individu ET pour la société.

 

ChatGPT et la formulation des requêtes

Voilà un autre grand problème de chatGPT. Comment sortir la réponse qui correspond réellement à l’intention du demandeur lorsque celle-ci est complexe ? Quel niveau de précision ma requête doit-elle atteindre pour que la réponse soit celle que j’attends ? Une réponse claire et précise repose sur une question qui traduit parfaitement l’intention de la requête. 

Google a un algorithme d’une puissance inégalée pour comprendre les requêtes des internautes et même si cette requête n’est pas parfaite, Google résout le problème par la multiplicité des réponses. Si le 1er site sur lequel vous tombez ne répond pas à votre requête, vous pouvez à la fois changer votre requête et consulter d’autres sites jusqu’à avoir obtenu le niveau de détail que vous souhaitez. Cela se fait très rapidement sur Google. 

Maintenant, quand ChatGPT vous offre une seule réponse et que celle-ci ne convient pas, que faire ? Vous pouvez tenter d’autres formulations, mais dès lors que la question est complexe, comment savoir quelle question poser exactement pour avoir une réponse unique qui réponde à notre question ?

 

ChatGPT et la récurrence des structures

Si vous posez 3 questions à chatGPT, et que vous fermez l’outil, vous pouvez vous dire que la formulation de ses réponses est proche de ce que pourrait faire un humain. 

Mais si, comme moi, vous vous décidez à tester des requêtes pendant plusieurs heures, vous allez découvrir une récurrence assez frappante dans la structure des phrases utilisées. Humain en apparence, mais bien artificielle dès qu’on creuse un peu. 

Autre élément trop “artificielle” : dès lors que les réponses sont un peu longues, il y a de la répétition d’informations, reformulées sous d’autres prismes. Cela me fait penser à un étudiant débutant sur un sujet qui donnerait de l’étoffe à son texte pour remplir les lignes et faire penser qu’il a parfaitement compris le sujet.

 

ChatGPT et les erreurs cachés

Cette limite de chatGPT est peut-être celle qui pose le plus de problèmes. Quand on utilise une IA telle que chatGPT, le risque est de considérer les informations comme généralement véridiques. Si vous demandez à l’outil de répondre à des sujets qui demandent un certain niveau d’expertise, vous allez obtenir une réponse qui contiendra un % largement majoritaire d’éléments vrais et quelques éléments inexacts, voire complètement faux. 

Résultat : un débutant peut très facilement être trompé sur un sujet pointu. Seul l’expert saura dénicher les imprécisions/erreurs. Le problème ? C’est que l’intelligence artificielle sert de façon générale aux débutants, pas aux experts… 

(Quand je parle de débutants, c’est tous sujets confondus. On est tous débutants dans des sujets, experts dans d’autres)

 

ChatGPT n’est pas un média

Les gens aiment consommer du contenu de médias ou de personnes qui ont des opinions réelles.

Si vous êtes en train de lire ce contenu, c’est pour avoir mon avis sur ce sujet. En tant que personne du digital et plus spécifiquement du secteur des moteurs de recherche, j’ai la légitimité et le recul pour au moins donner mon avis.

ChatGPT ne peut pas avoir ce rôle sur des sujets où la réponse n’est pas “scientifique” car ChatGPT ne peut pas donner d’avis par nature. ChatGPT n’a pas de ligne éditoriale, pas d’image de marque (en tant que telle) à respecter, pas de choses à défendre, pas de valeurs à promouvoir (hormis celles qu’on lui inculque et celles qui prévalent dans ses bases de données). Rien qu’en ça, les moteurs de recherches et leurs centaines de millions de médias aux visages multiples écrasent toute possibilité que chatGPT devienne un moteur de recherche utilisé comme Google à l’heure actuelle.

Votre site est son propre média. Vous êtes un visage avec des valeurs et un historique. Vous pouvez être la source du contenu, là où chatGPT n’en est qu’une pâle copie. 

 

ChatGPT pour faire du SEO

Vous pouvez faire rédiger vos contenus SEO par une intelligence artificielle comme chatGPT, mais cela vous posera 2 problèmes principaux (il y en a d’autres, mais ça ferait le sujet d’un contenu à part entière – je m’en occuperai dans quelques temps)

1 : Vos contenus n’auront plus la patte « humaine » apportée par un spécialiste de votre sujet, ils deviendront lisses et ennuyeux (la meilleure solution pour faire fuir vos lecteurs). 

2 : Vous serez rapidement puni par Google, qui repère sans problème les contenus produits par IA (d’ailleurs l’équipe de chatGPT filligrane maintenant elle-même ses réponses et contenus pour qu’ils soient réparables).

 

Le fonctionnement de ChatGPT sur les bases de données

Une autre grande problématique que l’on peut anticiper avec chatGPT est le fonctionnement même de sa technologie : elle puise ses ressources dans une large base de données. Par qui a été créée cette base de données ? vous et moi, les humains. Si demain, de plus en plus de personnes génèrent des contenus par IA (contenus de blog, articles de presse, vidéo YT, livre, etc), ces mêmes contenus serviront de base aux prochains contenus générés à nouveau par les IA. 

Vous voyez le problème ? Tous les nouveaux sujets et les sujets qui ont évolué n’auront plus de base “réelle”. Les chatbots finiront par détruire le même écosystème sur lequel ils se basent pour prospérer et rester compétitifs. Les erreurs et problèmes se multiplieront et l’IA participera à sa propre perte.

Je vous l’accorde, on est clairement dans le film de science fiction, et pourtant ce problème peut être bien réel si les humains arrêtent de créer. 

 

ChatGPT et la qualité neutre du contenu

Autre risque de chatGPT : la saveur du contenu.

Dans la même optique que les infos qui ne sont pas rafraîchis par les humains, si les styles d’écriture ne continuent pas d’être développés par des humains, les contenus vont tendre vers une uniformisation des styles. Consommer du contenu deviendra tout simplement ennuyeux. 

Pour aller plus loin, lisez cet excellent article de Ryan Duffy sur “Why everything look the same”, ou l’uberisation des logos, des contenus, etc. avec par exemple ce passage que je trouve intéressant : “Blanding is the copy-paste model of consumer product development and brand marketing that follows repetitive patterns in the name of modernity but at the expense of authenticity and originality.” 

En français : « Le blanding est le modèle de copier-coller du développement des produits de consommation et du marketing des marques qui suit des schémas répétitifs au nom de la modernité mais au détriment de l’authenticité et de l’originalité. »

Résultat : ceux qui garderont leur originalité et leur humanité sortiront du lot plus que jamais. 

 

La régularisation de chatGPT par les nations

Je ne suis pas un expert juridique. Cependant, il paraît assez évident que chatGPT (avec tous les sujets et prises de parti qu’il implique) sera régularisé et que son utilisation / ses résultats seront cadrés, au même titre que les réseaux sociaux le sont aujourd’hui. Cela demandera aux IA d’être strictement justes, ce qui limitera donc sûrement leur utilisation sur certains sujets trop compliqués ou à débats. D’ailleurs, l’IA filtre déjà elle-même tous les contenus d’ordre raciaux, sexistes, ou violents. Fort heureusement.

 

L’optimisme de chatGPT

ChatGPT est “éduqué” pour apporter des informations qui vont dans un sens positif. Même si cela est sain en soi, ça pose la limite de tout ce qui doit être nuancé. Le meilleur exemple de cela se trouve sur la création artistique : si vous demandez à chatGPT de rédiger des “drames” à la Victor Hugo, vous serez clairement déçus. 

Voilà donc le problème : comment demander à l’intelligence artificielle d’intégrer ce qui est “négatif” sans tomber dans des réponses problématiques ? Vaste sujet, solution lointaine. 

 

Est-ce que chatGPT est un danger pour les rédacteurs SEO ?

Mon avis est aussi très tranché là dessus : 

  • Rédacteurs experts : ils vont produire mieux et plus vite que jamais en bénéficiant d’un outil puissant pour les tâches chronophages et qui n’ont pas le plus de valeur ajouté dans la rédaction. Voir exemples d’utilisation de chatGPT donnés plus haut (pistes de sujets, synthèse de contenu rédigé, etc.). Ils pourront ainsi se concentrer sur le principal : développer un style d’écriture unique et parfaitement calibré sur le lecteur final et le secteur sur lequel il rédige, intégrer des exemples et arguments de l’expérience et de la vie personnelle, développer des idées et conseils uniques, etc. 

 

ChatGPT “pense” d’ailleurs plus ou moins la même chose (merci la base de données)  : 

 

  • Rédacteurs débutants, non experts ou qui n’ont pas d’avis / conseils à donner : ils pourront potentiellement être remplacés par les IA dans les prochains mois / années. En l’état chatGPT n’est pas encore assez “intelligent” pour remplacer un rédacteur, même débutant (à cause de la notion d’erreurs dont j’ai parlé plus haut, et qu’un débutant peut éviter assez facilement en croisant ses sources). 

 

L’exemple de Canva

Canva a rendu possible / accessible le graphisme a de grands débutants. Pour autant, a-t-il remplacé les graphistes ? Non, en tout pas les plus créatifs, ceux avec une patte propre à eux-mêmes et reconnus pour leur bon travail. Les entreprises qui ont des besoins spécifiques comprennent que ces outils ne suffisent pas. Car même si vous avez le meilleur outil entre les mains, cela ne fait pas de vous un graphiste avec le goût et l’œil que la profession requiert.

On arrive au même constat que pour les rédacteurs face à chatGPT : ceux qui ne sont pas experts seront petit à petit mis sur la touche, ceux qui sont experts assieront de plus en plus leur place dans leur marché.

 

Devez-vous remplacer votre rédacteur par chatGPT ?

La réponse semble déjà assez claire avec les paragraphes précédents mais pour répondre plus directement : 

Aujourd’hui, il existe déjà des contenus sur Google qui répondent à presque toutes les questions possibles et imaginables. Est-ce que cela vous suffit à remplacer votre rédacteur par Google ? Non, car de la même façon qu’on trouve des réponses multiples sur Google, la réponse unique qu’on génère sur chatGPT comporte tout un tas de limites et ne peut pas être utilisée telle quelle pour votre site web. 

Si vous n’êtes pas déjà la propre source de votre contenu et que celui-ci est en grande partie puisé sur d’autres sites web, cela prend quand même du temps d’adapter, d’allonger, d’éditer, de perfectionner, et de relire un contenu, et c’est là que se trouve toute la valeur d’un rédacteur spécialiste de son sujet. Les rédacteurs ont toujours utilisé des sources extérieures et malgré le nombre croissant d’outils d’aide à la rédaction, les rédacteurs sont de plus en plus convoités. ChatGPT est un nouvel outil parmi tant d’autres qui existaient déjà comme source d’inspiration des rédacteurs, et pas comme remplaçant.

Bien souvent aussi, votre rédacteur travaille en équipe, il traite des échanges et informations croisées qu’une intelligence artificielle ne peut intégrer, et avec une notion de relationnelle / d’humain qu’une IA ne peut servir.

 

Google, l’irréductible

La mort annoncé de Google

Je ne suis pas devin, je ne peux pas dire de quoi demain est fait, mais ce que je constate, c’est que la mort du SEO est annoncée à chaque nouvelle technologie (réseaux sociaux, recherche vocale type Siri ou Google Home, Métaverse, intelligence artificielle type chatGPT… jusqu’à la prochaine). Les adeptes des sujets qui font cliquer s’en donnent à cœur joie dès qu’une nouvelle technologie pointe le bout de son nez. Pourtant Google continue année après année d’augmenter ses revenus (on parle quand même d’une croissance de 26% du chiffre d’affaires sur 2022 sur 12 mois glissants au 30/06/2022)

 

Google et les réseaux sociaux

Le meilleur exemple est peut-être celui des réseaux sociaux : ils existent et ont plus de place que jamais auparavant. 

Ont-ils remplacer Google ? Non. Car si certaines personnes préfèrent consommer du contenu vidéo, d’autres préfèrent le texte. Si je préfère à un instant T lire le post d’un ami sur LinkedIn, je vais préférer consommer à un autre instant le contenu de X site sur Google. Le monde entier tend à consommer de plus en plus de contenus grâce au temps libre qui ne cesse de croître. Il y a tellement de demande que tous les styles de consommation de contenu cohabitent et que chaque grand acteur (Google, YouTube, TikTok, etc.) répond à des usages uniques de consommation de contenu à des moments précis. 

En comparaison sur le cas plus spécifique du contenu écrit, si on préfère parfois avoir des réponses exactes, lisses et synthétiques (chatGPT) ; à d’autres moments, on va préférer avoir un contenu long, voire très long, avec de la personnalité et écrit par un média, une entreprise ou une personne réelle (Google). 

Ce constat nous guide doucement vers les 3 scénarios que j’imagine pour le futur des moteurs de recherche / moteurs de réponse.

 

Ma vision de l’avenir sur les moteurs de recherche / moteurs de réponse 

Scénario 1 : Google et chatGPT en duopole

  • Google reste sur sa position 100% SEO & SEA, adressée aux internautes qui veulent avoir des réponses à des questions “multiples”, pour connaître des avis/conseils sur des sujets plus ou moins complexes et via des sites en qui ils ont confiance. 
  • ChatGPT prend de la place sur les sujets à réponse “scientifique”, où aucun avis ou conseil plus précis n’est à donner. 
  • Résultat : Google et chatGPT se partage le marché de la recherche selon les besoins des utilisateurs à chaque instant (question “multiple” OU question “scientifique”)

 

Scénario 2 : Google, maître incontesté

  • Google intègre un outil d’IA comme chatGPT et reste le seul moteur de recherche à le croiser avec brio avec son SEO de base
  • Chaque recherche (question “scientifique” ou question “multiple”) intègre donc 3 niveaux de résultats : 
    • 1 réponse unique (IA)
    • 2 à 3 résultats de publicités payantes (SEA)
    • Une infinité de résultats organiques (SEO)
  • Résultat : Google garde son monopole et l’installe plus que jamais

 

Scénario 2 : le cas des questions « scientifiques »

Dans le cas d’une question “scientifique”, j’imagine : 

  • 1 réponse +/- synthétique généré par IA (avec une forme de “validation approuvée” de l’exactitude de la réponse)
  • Des résultats de site web pour approfondir / étendre la question. 

Cette structure existe déjà d’ailleurs sous une certaine forme avec les snippets de Google : 

C’est seulement qu’avec les IA, le nombre de requêtes qui pourront proposer une réponse sans avoir à consulter un site web seront plus nombreuses. 

 

Scénario 2 : le cas des questions « multiples »

Dans le cas d’une question “multiple”, j’imagine : 

  • 1 réponse +/- synthétique généré par IA (qui invite à approfondir le sujet avec les résultats “naturels”)
  • Des résultats de sites web qui ont de l’autorité sur la question (le rôle de média, d’expert, etc.).

 

Scénario 3 : Google et Yahoo en duopole

  • Google fait comme dans le scénario 2 : intégration d’une IA pour avoir des recherches avec 3 niveaux de résultat (IA + SEA + SEO)
  • ChatGPT est intégré/racheté par le concurrent historique de Google : Microsoft. Pour rappel, Microsoft = Bing = Yahoo, et ce dernier arrive à surpasser Google sur la qualité de son IA.
  • Le SEO de Google est plus précis que celui de Yahoo, mais l’IA de Yahoo est plus puissante que celle de Google. 
  • Résultat : Yahoo reprend du poil de la bête (pour rappel : c’était le moteur de recherche numéro 1 en 1999), et le marché se transforme en duopole avec 3 types d’utilisateurs : 
    • Ceux qui utilisent Google ou Yahoo selon leur requête à l’instant T (si la question est plutôt d’ordre “scientifique” ou si elle est d’ordre “multiple”)
    • Ceux qui défendent Google coûte que coûte et qui n’utilise que Google même si l’IA est moins puissante 
    • Ceux qui défendent Yahoo coûte que coûte et qui n’utilise que Yahoo même si son SEO est moins précis 

Dans le cas de ce 3ème scénario, cela impliquerait donc que Google se laisse dépasser sur son propre terrain et n’arrive pas à développer une IA assez puissante concernant la recherche, ce qui semble très peu probable vu le monopole actuel et la trésorerie dont dispose l’entreprise (mais bon, sait-on jamais).

 

Pour conclure

On voit donc que dans les 3 scénarios, Google et les IA comme chatGPT cohabitent dans tous les cas et intègrent des usages et cibles différentes (au même titre que Google et les réseaux sociaux à l’heure actuelle). 

Peu importe les 3 scénarios, Google semble en bonne position pour tirer parti des évolutions du secteur. Attraper et convertir des clients via Google n’est pas près de changer avec du contenu d’excellente qualité. Ce sera de plus en plus important d’être spécialiste de son sujet et de son marché et c’est la raison pour laquelle on ne fait que de l’immobilier et de la finance chez Podium Content. Une seule chose survivra avec les intelligences artificielles : la qualité, le haut de gamme, le premium, le style, la personnalité, l’extrême compréhension d’un secteur et de ses acteurs, la capacité à influencer, l’expertise de pointe. 

Soyez la source du contenu, pas sa pâle copie : confiez-nous vos contenus

Ces sujets peuvent également vous intéresser